Morbihan : Un conseil départemental désengagé ? Deux exemples !

La dernière session de septembre s’est tenue en 2H15 min !
Un triste record… et un Président qui empêche d’aborder des sujets de fond !
Gaëlle LE STRADIC, Conseillère départementale, souhaitait particulièrement mettre un focus sur 2 thèmes d’actualité.

Femmes victimes de violence : le département a un rôle central à jouer

Photo prise à l'occasion d'un porte-à-porte de Gaëlle dans le quartier de Kervenanec (Lorient)

Le premier concerne la prise en charge des femmes victimes de violence conjugale. Ces violences constituent un véritable fléau sanitaire et social. Cette question a ressurgi à Lorient suite à diverses manifestations concernant la fermeture consécutive au désengagement de l’Etat d’un lieu d’accueil de jour pour les femmes victimes de violences conjugales.

Bien sûr, aujourd’hui, ces femmes sont à Lorient prises en charge via des dispositifs de droit commun. Cette réponse était un complément. Pourtant priorité absolue du quinquennat, les associations qui accompagnent ces femmes victimes de violences peinent de plus en plus pour boucler leurs budgets. L'Etat doit prendre ses responsabilités.

Et le département ? Je crois qu’il a également un rôle central à jouer et doit renforcer son intervention. Nous pourrions agir d’une part en amont : en prévention, en soutenant des initiatives d’accueil de jour par exemple. Et d’autre part, nous pourrions impulser une dynamique collaborative sur le département : réunir autour de la table tous les acteurs de ce secteur, coordonner, trouver des solutions pour fluidifier au mieux le parcours de ces femmes. En somme, afficher clairement une priorité !

Insertion : la frénésie des appels à projet

À compter du 1er janvier 2019, la politique de l’insertion est régie par les appels à projet ! Une révolution dans le monde du social. Quand le Président y voit de l’efficacité et des économies, j’y vois de la mise en concurrence entre les acteurs et les usagers, perte d’innovation, cloisonnement renforcé ! Informés dans l’été d’un changement de procédures, les acteurs de l’insertion ont finalement eu un mois pour rédiger des réponses qui conditionnentans d'activité, qui demandent des partenariats.

Ce n’est pas raisonnable, c’est même préjudiciable pour la qualité des actions. Et surtout c'est une occasion manquée, à double titre. Avec les élus : un débat aurait dû avoir lieu sur la philosophie du dispositif et les résultats attendus, sur une vue d’ensemble de l’insertion. Mais c'est surtout avec les acteurs qu'on a manqué une occasion de travailler en partenariat, de co-construire une politique efficace.

Le département est donc rentré dans une démarche de marché. Cela peut freiner la dynamique associative : l’initiative vient de la collectivité, les porteurs doivent rentrer dans des cases pour obtenir des financements. Cela peut aussi conduire à sélectionner les personnes pour atteindre les résultats. Une insertion à plusieurs vitesses !

Évoluer est nécessaire mais il faut conduire le changement, savoir le partager afin que tout le monde, à commencer par les acteurs sans qui rien ne se fait, se l’approprient. Et ce, dans l’optique qu’un grand nombre de morbihannais trouvent leur place dans notre société.

Gaëlle LE STRADIC

Le groupe de gauche au département


En complément :

→ #NousToutes : Mobilisation du 24 novembre

Violences faites aux femmes : des politiques de prévention nettement insuffisantes, Intervention d'Annaïg Le Moël-Raflik au conseil municipal de Lanester du 20 septembre 2018

 

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